Les militants français formés à la méthode Obama

Publié le par Luc Bronner

luc-bronner.jpgAu micro, Parag V. Mehta, 33 ans, consultant en communication, un des responsables de la communication du Parti démocrate pendant la présidentielle de 2008, décrit les règles d'airain d'une bonne campagne. La stratégie, l'organisation, la recherche de fonds, la communication...

"On a fait des tests d'efficacité, explique le consultant d'origine indienne. Envoyer des tracts, des prospectus ? Oui, mais il faut 389 lettres en moyenne pour gagner une voix. Les appels téléphoniques ? Il faut 460 appels pour gagner une voix. Or, il faut seulement ouvrir 14 portes pour obtenir une voix supplémentaire."

La "proximité", martèle l'ancien conseiller d'Obama dans la campagne présidentielle. Face à lui, la cinquantaine de jeunes militants prend consciencieusement des notes. Membres du PS, de l'UMP, élus indépendants ou leaders des quartiers et de la diversité, ils suivent une session de formation organisée conjointement par l'ambassade des Etats-Unis et la French American Foundation, vendredi 4 et samedi 5 juin. Deux journées pour apprendre "comment constituer sa base ?"

Pour la troisième fois depuis la victoire d'Obama, l'ambassade organise une formation électorale en visant prioritairement les leaders des minorités. L'ancien leader démocrateHoward Dean était ainsi venu à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, en novembre 2009, pour expliquer les méthodes du Parti démocrate.

De leur côté, des jeunes militants français sont partis à Chicago en mars pour observer comment les Américains font émerger des leaders locaux. "Des réseaux sont en train de travailler pour promouvoir la diversité en politique. Il est très important de vous connaître entre vous, parce que vous avez des intérêts en commun", explique l'attachée culturelle de l'ambassade, Laura Berg, à l'assemblée.

Pour cette formation, l'ambassade a pioché dans les réseaux traditionnels. Ceux du PS, de l'UMP et des Verts - représentés par des jeunes élus locaux, souvent simples conseillers municipaux ou adjoints au maire.

Mais elle a laissé une place aussi importante à des structures atypiques, ignorées par les institutions françaises. D'abord des représentants du mouvement Emergence, un réseau informel qui a présenté une liste indépendante, portée par des leaders des quartiers, aux dernières élections régionales (Le Monde du 17 février). Ensuite, un cercle de réflexion, dénommé Graines de France, qui tente d'organiser les débats sur les quartiers et la diversité. Au micro, son président, Reda Didi, qui revient de Chicago, résume la leçon de son voyage d'étude : "Le pouvoir, il ne se demande pas, il se prend."


Publié dans Etats-Unis

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