Rencontre avec le Rêvèrent James T. Meeks, puissant leader afro-américain

Publié le par Leila T.

rev-meeks.jpgChicago, le 26 février 2010

 

Le Rêvèrent James T. Meeks est un des hommes politiques indépendants les plus puissants de l’Illinois. Il a su fédérer autour de ses idées plus de 20 000 personnes qu’il réuni chaque dimanche matin dans une église de Chicago aux allures de stade olympique. C’est d’ailleurs l’unique prêche batiste retranscrit en direct à la télé américaine. James T. Meeks a été élu sénateur de l’Illinois en 2003 et préside l’organisation des législateurs noirs de l’Illinois : le Black Caucus.


Quelle est votre vision du pouvoir ?
Ma philosophie est que le pouvoir appartient à Dieu. Et Dieu n’a attribué à aucun homme la possibilité de tout contrôler sans les autres. Quelque que soit la puissance d’un homme, même du Président, Dieu ne peut pas le laisser opprimer tout un peuple. 

Maintenant le problème c’est que beaucoup de gens opprimés n’osent pas aller ouvrir les portes du pouvoir. Ils ne frappent même pas à la porte. Ils ne posent même pas leur empreinte sur la porte. Les gens opprimés qui essaient d’ouvrir les portes doivent savoir, dans leur cœur, que ce qu’ils sont en train de faire est juste, même si d'autres s’opposeront à eux. 

Sachant que ceux qui détiennent le pouvoir ne diront jamais à ceux qui n’ont pas le pouvoir que ce qu’ils font est bien. Ils n’encourageront jamais leurs actes parce qu’ils ne veulent pas qu’ils réussissent dans leur démarche.

Eux, ils ont de l’argent. Pas toi !
Eux, ils ont une armée. Pas toi !
Eux, ils ont la LOI. Et la LOI appartient à tous dans une démocratie ! On a le pouvoir de changer la loi.

J’ai de l’ambition ! Qu’y a-t-il de mal à ça ? Je veux changer les choses. La loi doit changer !
Martin Luther King n’a jamais enfreint la loi. Il l’a respectée. Il ne pouvait pas gagner avec la violence parce qu’il n’avait pas d’armée. Son mouvement non violent c'était brillant !

Il faut arrêtez d’analyser sans cesse le problème et commencer à faire quelque chose. Avoir un objectif et le mener à bien. Car les problèmes sont si énormes. Il faut se concentrer sur un objectif concret et factuel.

Mettez vous tous ensemble pour résoudre un problème, puis un autre et encore un autre. Comme face à la ségrégation, on s'est d'abord attaché à résoudre le fait que les noirs ne pouvaient pas s’assoir à l’avant des bus.

Comment on mange un éléphant ? morceau par morceau ! (ou morsure par morsure !) Rien ne stimulera mieux votre organisation que de partager ensemble des victoires, même modestes. 

Il est possible d’imposer sa cause à la table du pouvoir. Une cause et non pas un homme. Car il est inutile d’aller s’assoir à la table du pouvoir si c’est pour ne rien pouvoir dire de sa cause !

Ensuite il ne faut pas être égoïste. Il faut partager avec les personnes de confiance qui vous entoure. Faire profiter aux organisations solidaires de votre cause tes moyens, ton pouvoir. C’est facile de reprérer les personnes sincères avec qui travailler, il suffit de se fier à son ressenti.

Comment votre organisation est-elle financée ?
Il ne faut pas accepter les fonds provenant des grosses organisations politiques. Sinon ils vous achètent ! Organiser plutôt des fêtes où les gens s’amusent, apportent leur soutient à leur niveau ; et avec des gens qui parrainent votre organisation parce qu’ils croient à votre cause. 

Quelle est selon vous le meilleur endroit pour organiser des contre-pouvoirs politiques : à l’extérieur des partis ou à l’intérieur ?
Tout ne pourra pas changer de l’extérieur des partis politiques. Il faut aussi des gens à l’intérieur. Et c’est bien. Moi-même j’y suis entrée aujourd’hui, au Parti Démocrate, même si j’y défend des idées différentes des idées classiques de ce parti.

On dit qu’un leader d’une organisation doit toujours avoir quelqu’un à qui il rend des comptes par rapport aux engagements qu’il à pris. Vous, à qui rendez-vous des comptes ?
A Dieu.
 
  


Publié dans Etats-Unis

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