Loi contre la burqa mais aussi contre nos libertés publiques

Publié le par Leila T.

libertéLe 13 juillet 2010, l’Assemblée Nationale a voté la loi contre le port du voile intégral. Cette loi stipule que « Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage », sous peine d’une amende de 150€ (peu contraignant pour nos riches et chers touristes du Moyen-Orient), et accompagné d’un stage de citoyenneté. Lors de ce stage, s’agit-il de former ceux qui ont enfreint cette loi à leurs droits et leurs devoirs en tant que citoyen français ?

Si c’est le cas, comment transmettre, alors sans contradiction avec cette nouvelle loi, un de nos droits fondamentaux qui consiste en la « liberté de manifester sa religion individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites » comme le proclame notre Constitution. Le Conseil d’Etat avait d’ailleurs émis un avis défavorable à cette loi en mai dernier et peut encore la faire annuler si « la dissimulation du visage, ne saurait être regardée comme inséparable de l’exercice d’une liberté fondamentale ».

Quelle déception de voir le Parti Socialiste ne pas prendre part au vote, justifié par l’argument populiste qu’ils sont « contre la burqa » ! Alors qu’on se souvient que Mme Aubry, suite à son élection en tant que Secrétaire Nationale du parti,     s’était empressée de faire un meeting au Zénith pour dénoncer les atteintes aux libertés publiques de l’actuel gouvernement.

Car le véritable débat n’est pas de savoir si on est « pour ou contre la burqa » mais s’il est possible de légiférer contre une de nos libertés publiques qui consiste à pouvoir, dans l’espace public, nous vêtir selon nos croyances quelles qu’elles soient. Il est évident que les français sont, d’un point de vue moral, contre le symbole d’aliénation de la femme que constitue le voile intégral ; de la même manière que la grande majorité des musulmans sont, aussi d’un point de vue théologique contre cette interprétation religieuse, dont la pratique reste très marginale.

L’autre volet de cette loi est la création d’un nouveau délit : « Le fait, par menace, violence ou contrainte, abus de pouvoir ou abus d’autorité, d’imposer à une personne, en raison de son sexe, de dissimuler son visage est puni d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende». Il me semblait que quelque soit la raison pour laquelle une femme était contrainte par des moyens violents elle était déjà protéger par la législation existante. Pourquoi faire un cas particulier ici, et qui plus est aggravant, si ce n’est pour poursuivre cette continuelle diabolisation de l’Islam et de l'homme musulman.

Cela semble confirmer que nos gouvernants n’arrivent toujours pas dépasser les logiques à l’œuvre dans les anciennes colonies, quand du temps de l’Algérie française, les algériens musulmans étaient de faux citoyens et ne pouvaient accéder à la pleine citoyenneté qu’en abandonnant leur « statut personnel » de musulmans. Et c'est toute la société française qui continue de porter comme une névrose son incapacité à prendre leçon de cette Histoire. Alors, encore aujourd’hui en 2010, entre jeunes casseurs perturbés qui brandissent le drapeau algérien à la moindre occasion, et des politiques et propagandistes qui stigmatisent sans cesse les français musulmans, les fractures sont de plus en plus criantes ! Mais peut-on envoyer un pays en psychanalyse ?

 

Voir le projet de loi complet : http://www.la-croix.com/illustrations/Multimedia/Actu/2010/5/20/projet-loi-voile-integral.pdf

 

Publié dans Gouvernement (UMP)

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